Panne d’1 sens, Fiction de Daniel GHAYE (Durée 4’)
Première publication le 4 mars 2007, mis à jour le 20 mai 2007
Ce court métrage démontre de façon limpide que le cinéma c’est bien sûr de l’image mais aussi du son. Mais ici, nulles métaphores convenues sur la sonorité des échappements compararable à une symphonie classique. Le film joue au contraire une partition beaucoup plus baroque ; le clapotis d’essence caverneux d’un fond de réservoir, le pincement aigu d’un étrier de disque de frein ou le soupir d’un démarreur électrique à l’agonie inventent des notes insoupçonnées. "Panne d’1 sens", réussit le tour de force de transformer votre moto en instrument à voyager... dans l’univers des sons.
Moto Magazine : "Panne d’1 sens" sonne comme un hymne au beau. C’est ce qui vous motivait ?
Daniel Ghaye : Pour la réalisation des films d’entreprises, je dois toujours suivre des directives. Là, je me suis octroyé le luxe de faire quelque chose pour rien, juste pour partager du plaisir.
Moto Magazine : Vous transposez la réalité pour en montrer un aspect plus poétique : les disques de frein évoquent un vieux 33 tours, la chaîne chante le rythme du boggie sur le rail...
Daniel Ghaye : Je me sens proche d’émissions TV comme "Strip Tease". Dépasser la réalité, la transcender, n’en montrer qu’une facette pour accéder à quelque chose de beau. Le public motard est parfois un peu "brut de fonderie". J’ai mis de la poésie où peu de gens en voient.